Comment se motiver pour terminer une course quand on est dans le dur



Comment se motiver pour terminer une course quand on est dans le dur

À bout de souffle, quand c'est la tête qui court à la place des jambes, bref quand on est au bout de sa vie et que la ligne d'arrivée est encore loin, comment faire pour se booster, à quoi penser pour retrouver de la motivation et terminer fièrement la course ?


Cela fait un bon bout de temps que le départ de la course a été donné. Passé l'euphorie des premiers kilomètres, voilà maintenant que mes guiboles commencent à montrer des signes de faiblesse. Il fait hyper chaud, j'ai l'impression d'être complètement vidé, le souffle court et haletant. Pour ne rien arranger, faux plats et dénivelés positifs sont au programme des derniers kilomètres qui me séparent de la finish line.

Je suis parti trop vite ? Je ne me suis pas assez préparé pour cette épreuve ? Vais-je réussir à aller jusqu'au bout de la course ? Dois-je abandonner ? Autant de questions qui viennent se bousculer dans ma tête et remettre en question mon objectif initial.

On a tous un jour été dans le dur pendant un 10km, confronté au mur au cours d'un marathon ou limite en PLS lors d'un ultra trail. Quel que soit notre niveau, là n'est pas le sujet, la course à pied peut nous pousser aux frontières de nos limites physiques, mais aussi mentales. Au bout de sa vie, dans le dur ou dans le rouge (pas celui qui pique et qui enivre), autant d'expressions, mais surtout de situations qui mènent les uns à l'abandon et d'autres à se surpasser, à trouver la force d'aller néanmoins jusqu'au bout.

Mais quelles sont les bonnes attitudes, mantras, astuces qui nous permettent de nous rebooster, de puiser de la motivation afin de couvrir les derniers kilomètres d'une course lorsque rien ne va plus ?

Comment trouver la motivation pour finir une course quand on est au bout de sa vie

Il y des jours où on a de la caisse, où ça passe crème, où tout se passe pour le mieux dans le meilleur des mondes. Puis il y en a d'autres où l'on se surprend à citer du Kilian Jornet une fois la ligne d'arrivée derrière nous : “L'important, ce n'est pas le résultat, c'est le chemin parcouru pour y parvenir”. Et dans ce genre de jour “sans”, le chemin parcouru ne s'est pas fait entièrement avec les jambes et ses capacités physiques, mais en puisant la motivation du côté de la tête et du coeur.

À ce titre, voici des “astuces”, méthodes ou comportements à se remémorer si un jour on se retrouve en mauvaise posture lors d'une course. Pour vous les présenter, j'ai fait appel à la communauté Je Vais Courir. Merci à celles et ceux qui ont joué le jeu de part leurs commentaires et contributions.

  1. 1- Ne pas estimer la distance totale qui nous sépare de l'arrivée.
    Coup d'oeil sur la montre GPS, reste encore 17km à parcourir pour terminer le trail. Quand on est dans le rouge et que l'on se rend compte de la distance restante, psychologiquement, ben on peut pas dire que ce soit bon. On se met alors à faire des calculs savants en regardant son allure moyenne et on se dit qu'on y arrivera jamais. L'idée est donc de faire comme si la course était une succession de petites étapes accessibles : 5*2km, 4*3km...

    C'est exactement ce que nous invite à faire Marie Claude : “Moi mon astuce c'est de faire 1km par 1km. Je me dis que je vais encore courir un peu et après on verra... Et de km en km j'arrive vers le but. Au Canada on met les kms qu'il reste à faire et c'est psychologiquement plus facile.”

    1. 2- Se fixer des objectifs intermédiaires.
      Pour éviter de penser aux difficultés de la course quand on est grillé, se la jouer façon Fartlek ou ludique semble être une bonne idée. Comme par exemple se fixer un point à 200m, le prochain virage, puis maintenir la cadence jusqu'à cet objectif. On peut aussi se trouver un lièvre, ne pas lâcher un autre coureur et s'y accrocher.

    2. 3- Mesurer sa chance
      Courir n'est pas donné à tout le monde, porter un dossard est une chance. Il faut se dire que bien d'autres personnes aimeraient faire ce que l'on est déjà parvenu à réaliser dans ce sport d'endurance que nous aimons tant.
      Pris Kàa sur la page Facebook Je Vais Courir nous livre d'ailleurs ce commentaire : “Je pense à ceux qui n'ont tout simplement cette chance de pouvoir courir et franchir de belles lignes d'arrivée... ”

    3. 4- Penser à ceux que l'on aime…..
      Un long faux plat au 30ème kilomètre, un dénivelé accidenté aux 3/4 d'un long trail, il faut en avoir sous la godasse, mais également beaucoup dans la tête pour surmonter ce genre de passages hardus. Nombreux coureurs(euses) et trailers pensent à leurs proches, pour trouver l'énergie mentale et physique nécessaire.

      Parmi les témoignages reçus et qui vont en ce sens, il y a celui de Laeti “Penser à ma famille qui s'est levée pour m'accompagner, qui m'encourage, me suit et m'attend sur la ligne d'arrivée. Et à ma fille qui aime me retrouver aux 300 derniers mètres pour la franchir”, puis celui de Priss Kàa “Je pense à mes enfants, ils sont ma force”.

    4. 5- …. ou à autre chose que la course.
      Au bout de sa vie en course à pied, parfois s'accrocher aux valeurs qui nous sont chères peut être décisif et provoquer alimenter notre motivation.
      Certains comme Marie Agnès nous disent “Je pense aux raisons qui m'ont poussé à courir !”, les sacrifices, heures passées à s'entraîner pour aujourd'hui porter un dossard.”.
      D'autres ont des réactions plutôt insolites, originales, mais qui semblent fonctionner. C'est le cas de Delphine qui nous livre ce témoignage :”Moi j'essaie de penser à quelque chose de complètement différent. Je suis maman de 3 enfants alors j'ai toujours des trucs à penser , je fais des listes dans ma tête genre liste de courses😂 de choses à faire. Le but c'est de ne plus penser à ce que je suis en train de faire”. Eh oui, être une maman runneuse, c'est tout un art !

    5. 6- Prendre le temps de récupérer.
      Quand tu n'en peux plus, mais vraiment plus, si si, tu as le droit de t'arrêter de courir. Alterner marche et course, récupérer lors d'un ravito, ce n'est pas abandonner, ni à vivre comme un échec. Au contraire, la récupération est une bonne solution pour se relancer, repartir avec l'intention de finir. Comme on le dit : “rapide ou lent 1km reste 1km” ou encore “celui qui court, même lentement, ira toujours plus loin que celui qui reste dans son canapé”.

    6. 7- Se remémorer un mantra
      Les pensées positives running ne manquent pas, ni les expressions motivantes en course à pied. Retenez-en quelques unes, elles viendront vous aider dans les moments difficiles d'une course. N'hésitez pas à créer vos propres mantras !
      L'une de mes citations préférées est “la seule mauvaise course, c'est celle que tu ne fais pas”. J'avoue que j'ai également un faible pour celle-ci : “la douleur est éphémère, la fierté est éternelle”.

    7. 8- Voir le verre à moitié plein.
      Se dire : “il reste encore x kilomètres ou c'est dur”, c'est tout ce qu'il faut faire pour échouer. C'est dur on le sait, il reste de la route, effectivement ! Comme avec les pensées positives, la bonne attitude consiste à se focaliser sur nos réussites lors de la course en question. “J'ai déjà parcouru 35km, j'ai déjà gravi 500m de D+, je suis plus près de l'arrivée…”.

    8. 9- Remercier les supporters.
      Des amis qui se sont positionnés à des points stratégiques d'une course, un enfant qui tend la main, des spectateurs avec des panneaux d'encouragements, des signaleurs qui nous remontent le moral avec le sourire et un un poing serré synonyme de “vas-y mon gars !”. Autant de boosters pour tenir le coup.

    9. 10- Imaginer une récompense.
      La technique de la carotte, ça marche pour tout, donc aussi lors d'une compétition. Pensez à la bonne bière qui viendra vous rafraîchir et vous faire oublier la galère dans laquelle vous avez été. Imaginez vous porter fièrement le tee-shirt de finisher ou de passer à votre cou la médaille si méritée.

      Une fois la ligne d'arrivée passée ! Les quelques minutes qui suivent, les mains sur les genoux à reprendre le souffle et laisser courir les larmes, je suis certain que la première chose qui vous viendra ensuite à l'esprit, c'est : “l'année prochaine, je reviens et je remets ça”.



 
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