Douleur sur le côté du genou : comprendre et soigner le syndrome de l'essuie-glace


Accueil > Conseils entrainement course à pied

Douleur sur le côté du genou : comprendre et soigner le syndrome de l'essuie-glace

C'est une douleur redoutée et bien connue des coureurs. Elle survient toujours après quelques kilomètres de course, souvent au même moment, d'une sortie à l'autre. C'est une sensation de brûlure qui apparaît sur le côté extérieur du genou. On s'arrête de courir, la douleur disparaît presque instantanément. On reprend sa séance de running, elle revient de suite.




Quand on se reconnaît dans ce scénario, c'est que l'on souffre probablement du syndrome de l'essuie-glace, que l'on appelle également syndrome de la bandelette ilio-tibiale.
Lorsque l'on se retrouve dans cette situation, il n'y a qu'une seule règle à respecter : arrêter temporairement la course à pied. Insister sur la douleur pourrait la rendre chronique et la faire perdurer pendant des mois.

Bons plans Trail Ekosport

Pourquoi appelle-t-on cela le "syndrome de l'essuie-glace" (à tort) ?

Si on veut comprendre l'origine de la douleur, il faut regarder notre anatomie. Le tenseur du fascia lata (TFL), c'est un muscle qui se situe en haut de la cuisse et qui se prolonge par une longue bande fibreuse (la bandelette ilio-tibiale) jusqu'au tibia. À chaque foulée, quand notre genou fléchi aux alentours de 30° (lors de la réception au sol), cette bandelette se met en tension au-dessus d'une petite bosse osseuse du fémur : le condyle externe.

Frottement ou compression ? Une vision qui évolue

Pendant longtemps, les experts ont pensé que le syndrome de la bandelette ilio-tibiale était provoqué par un mouvement de frottement répétitif de la bandelette d'avant en arrière sur l'os, d'où l'image de l'essuie-glace.

Cette théorie a été remise en perspective, notamment par l'étude de référence de Fairclough et al. (2006)(https://pubmed.ncbi.nlm.nih.gov/16533314/). Comme l'expliquent aujourd'hui les spécialistes, l'espace entre l'os et la bandelette n'est pas vide. Il contient un coussinet adipeux (tissu graisseux), très innervé et vascularisé, situé près de l'os sur l'extérieur du genou, qui aide justement à absorber les contraintes.

Ils commencent désormais à penser que c'est la compression de ce coussinet adipeux par la bandelette ilio-tibiale (car cette dernière le recouvre) qui est la véritable cause du problème. C'est l'écrasement répété de ce tissu sensible, et l'inflammation qui en découle, qui seraient à l'origine de cette douleur vive sur l'extérieur du genou, plutôt qu'une simple irritation de la bandelette elle-même.

Les principales causes

Si la bandelette compresse la zone douloureuse, c'est sans doute parce qu'elle est trop tendue ou que notre bassin est instable. Mais qu'en est-il réellement ? Avant de se jeter sur l'achat d'une nouvelle paire de chaussures, voici les principales causes du syndrome de l'essuie-glace qu'il convient de vérifier.

-1. Le déficit des muscles fessiers

Le problème vient souvent de là où on ne l'attend pas. Le moyen fessier est le stabilisateur principal de notre hanche. S'il manque d'endurance ou de force (déficit musculaire), notre bassin manque de tenue et s'affaisse latéralement à chaque foulée.

La conséquence ? Le TFL qui est un petit muscle, doit compenser ce déséquilibre pour nous tenir droit. Concrètement, surchargé, il s'épuise, se raidit et finit par comprimer la zone du genou. Il convient alors de renforcer ses fessiers.

-2. Une foulée trop longue

La façon dont ont court joue évidemment un rôle. Si notre cadence est faible (moins de 160-165 pas par minute), nous avons tendance à faire ce que l'on appelle de l'overstriding : en français dans le texte, on a une foulée trop longue, on va chercher le sol loin devant soi avec le talon, la jambe quasi tendue.

Ce mouvement pose plusieurs problèmes :

- Tout d'abord il “freine” notre course à chaque pas.
- Ensuite, il augmente l'onde de choc qui remonte dans la jambe à chaque foulée.
- Enfin il maintient le genou plus longtemps dans l'angle critique de compression (30°).

La solution consiste à raccourcir nos pas et augmenter notre cadence de course à pied (vers 170-180 ppm) pour poser le pied sous notre centre de gravité.

-3. Les erreurs d'entraînement : volume et dénivelé

Le syndrome de l'essuie-glace se définit comme une blessure de surutilisation, un problème de dépassement des capacités du corps. Elle apparaît la plupart du temps après :

- Une augmentation brutale du volume d'entraînement : ajouter par exemple plus de 10 à 15% de kilométrage d'une semaine à l'autre ne laisse pas le temps aux tissus de s'adapter. C'est le piège lorsqu'on change d'objectif, notamment si on envisage de passer du semi-marathon au marathon sans une progressivité suffisante.

- Un excès de course en descente : dans les descentes, le muscle travaille en retenue (régime excentrique) pour freiner le poids du corps. La contrainte de compression sur la zone externe du genou s'intensifie considérablement.

-4. Le terrain et le matériel

Le sol sur lequel on court peut créer un déséquilibre sans que l'on s'en rende compte pour notre corps :

- La route bombée : les routes sont souvent inclinées sur les côtés pour évacuer l'eau de pluie. Courir toujours du même côté de la chaussée crée une “fausse inégalité de longueur de jambes” (une jambe se retrouve plus “courte” que l'autre), ce qui met une tension constante et anormale sur le tenseur du fascia lata (TFL).

- L'usure des chaussures : avant d'incriminer le modèle de runnings, mieux vaut en mesurer l'usure. Une semelle intermédiaire affaissée ou déformée modifie l'axe de notre jambe à l'impact et peut accentuer la bascule du bassin. Ce manque d'amorti est d'ailleurs souvent le responsable d'autres blessures d'impact comme la périostite tibiale dont nous avons déjà parlé.

Comment soigner le syndrome de l'essuie-glace ?

Le repos complet n'est pas toujours la solution miracle, car la bandelette risque de rester "raide". On peut agir avec :

- Un repos relatif : stopper le trail running pendant 2 à 3 semaines le temps que la douleur au quotidien disparaisse. On peut remplacer la course à pied par des sports portés sans impact comme le vélo (sur terrain plat) ou la natation. Cela permet de maintenir son cardio sans cette fameuse compression à l'origine du syndrome de la bandelette ilio-tibiale.

- Un glaçage local : appliquer du froid sur la face externe du genou 10 à 15 minutes par jour pour calmer l'inflammation aiguë du coussinet graisseux.

- Consulter un kinésithérapeute : le kiné pourra utiliser des techniques spécifiques (MTP - Massage Transverse Profond, ondes de choc) pour accélérer la période de soins.

L'exercice incontournable

Puisque le problème vient d'une tension excessive, on va pratiquer un exercice qui permet d'assouplir le muscle TFL et la bandelette ilio-tibiale. Cela permet de réduire la compression exercée sur le genou et donc de diminuer les douleurs du syndrome de l'essuie-glace.

L'étirement du TFL :

Etirement TFL


-1. Installation : se tenir debout à proximité d'un mur pour garantir son équilibre et notre stabilité durant l'exercice.
-2. Mise en place : on croise nos jambes en positionnant impérativement la jambe gauche (côté à traiter) en arrière.
-3. Mise en tension : on lève le bras gauche au-dessus de la tête de manière à créer un mouvement d'inclinaison droite du dos.
-4. Amplification : sur l'expiration, on laisse le bras descendre légèrement plus vers la droite. On accentue l'inclinaison jusqu'à ressentir une tension sur le côté gauche, descendant jusqu'à la face latérale de la cuisse.
-5. Maintien : on va garder la posture pendant 20 à 30 secondes, puis relâcher l'effort de manière lente et contrôlée.

On peut répéter plusieurs fois l'exercice chaque jour pour assouplir le muscle TFL et atténuer les douleurs du syndrome de l'essuie-glace.

Il y a bien d'autres exercices pour le renforcement du moyen fessier comme :

- L'abduction de la hanche allongé sur le côté (lever la jambe sur le côté).
- La marche en crabe (monster walk avec élastique) avec un élastique aux chevilles.
- Le relevé de bassin (Hip Thrust) sur une jambe.

La reprise de la course à pied ?

La reprise doit être très progressive. Il est conseillé de commencer par des sorties courtes (15-20 min) sur terrain plat et souple. Si la douleur ne réapparaît pas, on va augmenter le volume d'entraînement de 10% par semaine. À la moindre alerte, il faut marcher et glacer dès le retour à la maison. Le TFL est une blessure qui se soigne avec de la patience et du renforcement musculaire, pas en forçant.
Auteur : Jeremy



 
© 2016 - 2026 je-vais-courir.com - Mentions légales