Compte rendu du Trail du Patois 2018 dans le Nord Pas de Calais



Compte rendu du Trail du Patois 2018 dans le Nord Pas de Calais

13 mai, direction le Parc d'Olhain. Au programme, le Trail du Patois 2018, course nature de 12 kilomètres en pleine forêt dont c'est la 19ème édition. Aujourd'hui, j'ai décidé de partager avec vous cette belle expérience dans le Nord Pas-de-Calais au travers de ce récit de course.


Qu'est-ce qu'on peut bien faire un 13 mai 2018, lorsque l'on habite au pays des Terrils et des Sangs et Or ? Tout naturellement se rendre comme 16000 coureurs sur le 10k ou le marathon de la Route du Louvre. Eh bien, Non. Perso, j'ai décidé de chausser les Salomon pour m'aligner sur le Trail du Patois, co-organisé par l'association les Archers Punéens et le Parc Départemental d'Olhain.
Comme l'an passé, j'ai préféré opter pour les sentiers vallonnés de la forêt domaniale d'Olhain qui par chance se trouvent à deux foulées de chez moi. Une occasion de mesurer mon éventuelle progression en course à pied sur cette boucle de 12km. D'autres plus courageux ou expérimentés ont préféré s'essayer sur le 29km avec une boucle supplémentaire de 17km différente de la première.

Nouveau Tracé trail du patois 2018

Mon objectif aujourd'hui est simple : Terminer dans le même temps que lors de la 18ème édition, mais aussi courir dans un environnement proche de celui qui m'attend le 2 juin. En effet, j'ai la chance de participer à la première édition du Trail des Hobbits à La Comté et sur une distance qui m'est inédite, un 30km avec 640 de D+. Mais ça c'est une autre histoire, ce jour c'est le Trail du Patois qui est d'actualité.

Trail du Patois 2018 à Olhain le récit de course

Samedi 12 mai après-midi, comme à mon habitude je prépare mon racepack kit (photo ci-jointe). Voilà des jours qu'il n'a pas plu, nous sommes au printemps, je valide le combo tee-shirt, short et ceinture Compressport Free Pro, dans laquelle je glisserai une flasque de 250ml d'eau. Aux pieds, je prévois les Salomon Speedcross qui m'avaient accompagnées sur le Trail des Mingeux de Maguettes.

Race pack trail du patois 2018

Tout est prêt, direction du traditionnel McDo du samedi soir en famille et ses 2 burgers (pas bien). 20h15, le Big Tasty bien entamé, voilà qu'une bonne drache (une pluie battante en langage Chti) s'abat dans le Béthunois. Celle-ci se prolongera dans la soirée, accompagnée par endroit d'un orage. Bon, ben, les données changent, ce sera un trail du Patois en mode “Holliday on ice mud”. Oui, de la boue, mais c'est aussi pour ça que j'aime le trail.

Après une bonne nuit de 6h de sommeil, petit déj avalé, j'ouvre le volet, il pleuvine encore, la pelouse me semble bien détrempée, bref j'ajoute un débardeur technique en guise de première couche à ma tenue du jour et j'embarque la veste au cas où.

8h15, me voilà arrivé, les traileurs sont bien au rendez-vous, je rencontre d'ailleurs les figures locales de la discipline, venues avec la ferme intention de monter sur le podium. Salutations de rigueur, puis direction le retrait des dossards, le mien porte le numéro 3 (non je ne suis pas élite). On me remet un bracelet, ce dernier me donne droit à un sandwich et une boisson en fin de course. Je récupère le cadeau, un Tee Shirt, l'an passé j'avais eu le droit en plus à un cache cou type Buff.

Départ dans une heure, je décide de retourner à la voiture pour terminer de me préparer, je croise Karl, coureur de talent, venu accompagner son frère sur le 29km en mode off (sans dossard), on se souhaite une bonne course et un rendez-vous pour le départ commun. 9h, le départ des Goélettes de l'asso les Dunes de l'espoir est donné sous les applaudissements des coureurs. Je décide de m'échauffer, quelques minutes en trottinant, quelques accélérations, il est l'heure de rejoindre le sas de départ, il se trouve dans le camping du Parc d'Olhain. Je tente de me placer en bonne position, car je sais par expérience que ça va partir vite devant et qu'un single track nous attend rapidement.

Le speaker annonce le décompte, 5, 4, 2, 1 (oui il a fait exprès de rater une seconde, quel humour), pan ! C'est parti, plus de 400 paires de jambes s'élancent en direction de la forêt d'Olhain. J'active ma Garmin au passage de la start line, comme je l'imaginais c'est parti très vite devant. Virage à 90°, c'est sur le bitume que commence la course, avec les Salomon Speedcross ça dérape un peu, les premiers hectomètres sont en faux plats, on le sent vite au cardio. Je m'étais promis de faire un départ moins express qu'un an auparavant, ce n'est pas le cas, galvanisé par les encouragements, ma montre cardio m'annonce un rythme plus soutenu encore.

Les 1000m de bitumes sont passés, la Garmin annonce 4,26 au 1er kilo, voici maintenant la verte étendue de la plaine, puis direction la forêt. Le chemin se fait plus étroit, ça descend bien, mais attention ça glisse aussi pas mal. Me voici sur le fameux single qui ne laisse pas beaucoup de place pour doubler, ça tombe bien, je n'ai pas l'intention d'accélérer.
Je dois faire preuve de précaution pour ne pas heurter une racine, me prendre une branche en pleine caboche. Ce n'est pas le cas du traileur qui juste devant moi s'est mal réceptionné et termine sur les fesses. Plus de peur que de mal, je lui tends la main pour l'aider à se relever, il me remercie. Rien de plus normal, l'esprit trail c'est ça. Le 2ème kilomètre et cette descente technique s'achève, là encore c'est en 4min25 que je le boucle.

Ce départ un chouilla trop rapide, je le paye tout de suite dans la jolie côte de 300m et ses 20 m de dénivelés positifs. Derrière, j'entends une voix qui ne m'est pas inconnue et qui m'encourage “allez !”. La haut, j'essaye de relancer car ça repart vite avec un tracé technique en descente sur 500m. Pas besoin de forcer, les jambes s'emballent d'elles-mêmes. Km 3, je suis rentré dans le vif du sujet, c'est là que je me souviens que le trail c'est une sacrée discipline, mon cardio au poignet me le rappelle et les 5,54 au km le confirme.

Là, je me dis que j'ai bien fait de vêtir un simple tee-shirt, il fait 10°, mais j'ai l'impression qu'il en fait 2 fois plus. Petite gorgée d'eau, je replace la flasque Aonijie (oui, je fais dans le low cost) dans la ceinture Compressport (là on est plus dans le low cost).

Commence alors, 3 kilomètres décisifs. Le chemin s'élargit et permet aux plus rapides (ou plus en forme) de me dépasser. Par contre par endroit les roues des tracteurs ont laissé de magnifiques ornières et de biens jolies étendues boueuses. Les premiers 600m se font dont la souffrance avec plus de 60m de D+. La voix familière arrive à ma hauteur, c'était bien Karl qui continue de me soutenir, puis me laisse pour remplir des objectifs plus prometteurs en compagnie de son frangin. Il était tout simplement en mode échauffement ! C'est beau d'être jeune !

Profil de course Trail du patois 2018

Le peloton s'est maintenant bien étiré, chacun est dans son rythme de croisière (ou presque), je tire la bourre avec un runner dont je ne verrai jamais le visage, mais qui au final s'est révélé être une bonne source de motivation, je me suis bien accroché à ses basques. Durant ces 3 longs et difficiles kilomètres, il m'arrive de ralentir la cadence jusqu'à faire quelques pas en marchant. J'avoue, je ne regarde plus le chrono et je me dis même que je peux oublier la perf réalisée n-1. Ce n'est pas le plus important, je suis là pour le plaisir “Run For Fun”, le 7ème kilomètre est d'ailleurs là pour redonner un élan à la course avec une perte de 40 mètres d'altitude. L'occasion de retrouver un second souffle et se rebooster pour les 4 derniers kilomètres.

Et j'en ai bien besoin car ces derniers sont une alternance de petites montées et descentes avec de biens belles surprises. De magnifiques ornières, on y perdrait presque ses chaussures dans la boue. 1 pas en avant, deux en arrière et en glissant. Sur ce 9ème kilo, un autre coureur que j'ai en ligne de mire depuis pas mal de temps engage une conversation. Il m'apprend qu'il déteste la boue, qu'il ne prend pas de plaisir. Pourtant il venait de faire le mythique trail des Poilus dont c'était l'édition la plus boueuse et la plus difficile enregistrée. Là, j'ai envie de lui dire “euh, c'est un trail et dans le NOOOOORD !, bref t'as 3 chances sur 2 que ça se passe soit sous la pluie, dans la boue ou les 2 à la fois”. Mais je me contente de lui retourner poliment : “oui, ça colle c'est pas évident, bonne course”. Ses plaintes envolées, il poursuit la course et me laisse sur place. Bref, il en a dans les jambes. Tout comme ce groupe de 6 ou 7 coureurs qui me dépasse alors que je marche sur une vingtaine de mètres. Pas bon pour le moral, tout ça, pourtant je garde le sourire et je reprends la course seul. 50m devant ce groupe que je sais ne jamais rattraper, derrière ?, walou, que tchi, nobody, alone in the Olhain forrest. D'ailleurs, je n'aperçois plus le groupe me précédant, où sont ils ? Me..e ! Je viens de manquer le balisage, je suis allé tout droit. Retour de 20 m en arrière (grrrrrrrr), je les vois au loin, je reprends la course en suivant le bon itinéraire avec quelques secondes de perdues.

Kilomètre 10, je le sais, m'attend une partie technique et glissante avec un beau dénivelé. Les organisateurs ont légèrement modifié le parcours, mais pas en plus facile. Je m'étais juré de la faire sans marcher, parole non tenue.Va falloir que je travaille les côtes et le mental ! Pas grave, je vais presque aussi vite en marchant et en récupérant. Ne me reste plus qu'un kilomètre et demi, je pense bien terminer, mais les jambes ne suivent plus dans cette alternance de bosses et de légères pentes. Pourtant, j'enjambe vite le boueux, glissant et raide escalier qui se trouve à 1000m de l'arrivée. On voit qu'on se rapproche de la finish line, les spectateurs se font un peu plus nombreux. Cela nous booste, on en oublie presque que le coeur et les jambes sont dans le rouge.

J'entends le speaker au loin, au fond du chemin, de la lumière ! Une voix que je reconnaitrai entre mille me parvient “allez vas-y c'est la fin”. It's my wife ! Mine de rien, ça galvanise. Effectivement, je sors du chemin forestier, juste en face 30 m de bitume et la ligne d'arrivée est là. J'aperçois le chrono final, je suis dans les temps et plutôt pas mal à ma grande surprise, 1h04mn et quelques dizaines de secondes. Je lance un sprint pour rattrapper un (grand et jeune) coureur, il m'entend, accélère lui-aussi et conserve sa place à une seconde près. Il se retourne, me fait un sourire sincère et fair-play, on se fait le traditionnel “check”. Signe de respect entre traileurs avec la satisfaction d'en avoir terminé en prime. J'en oublie même d'arrêter ma montre. Pas grave le speaker annonce, mon temps final, 1h04mn41sec et mon classement 39ème. 2 minutes de moins que l'an passé. Par contre je me rends compte que le parcours cette année ne fait pas 12k, mais 11,78km. Surprise aussi, aujourd'hui 302m de D+ contre 270 l'an dernier. Au final et après une petite règle de 3, rapportée à 12k, ma perf du jour est tout de même meilleure d'une minute par rapport à 2017.

Totale satisfaction pour ce Trail du Patois, surtout qu'une fois le classement officiel affiché, je relève que je suis arrivé 6ème en Master 1 (de 40 à 50 ans), ma catégorie.

Merci aux nombreux bénévoles, sans qui ces courses ne seraient possibles. Merci aux organisateurs pour cette belle course, mes pensées se tournent maintenant vers La Comté, je vous donne rendez-vous pour début juin avec le récit, le compte rendu de course du Trail des Hobbits version 30km, auquel je compte bien prendre beaucoup de plaisir, mais aussi et ça j'en suis certain bien souffrir également.



 
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