Récit de course le Trail à Part 2018 aux Terrils jumeaux de Haillicourt



Récit de course le Trail à Part 2018 aux Terrils jumeaux de Haillicourt

11 novembre 2018, jour du centenaire de l'Armistice, je suis allé au charbon pour les 20 kilomètres du Trail à Part d'Haillicourt dans le Pas-de-Calais. Retrouvez mon compte-rendu de cette course nature qui se déroule chaque année autour des célèbres terrils jumeaux.


Si le Nord de la France, n'est pas réputé dans le monde de la course à pied pour ses dénivelés, le pays des Gueules Noires, n'en est pas moins une terre propice aux trails et autres courses nature. En témoigne l'épreuve sur laquelle j'ai décidé de rejoindre bons nombres d'amis ce dimanche 11 novembre 2018. Autrefois appelée Course à Part, depuis quelques années, cette dernière se nomme le Trail à Part. 11ème édition d'une course qui se déroule en pleine nature et aux pieds des Terrils du Pays à Part.

Au programme de cette matinée, 4 parcours au choix : le 1km familial, 5, 10 et 20 kilomètres. Quitte à se lever un dimanche matin de bonne heure pour aller courir, autant jouer le jeu à fond. C'est ce que je me suis dit lors de l'inscription quand j'ai décidé d'opter pour la plus longue des distances proposées. Mais ça c'était avant de savoir que le départ devait être donné à 8h45 et que la veille j'étais invité pour une soirée Savoyarde houblonnée (Raclette - Bières).

Compte-rendu de ma course des Terrils le Trail à Part 2018 version 20kms

BIP BIP, 2 heures avant le top départ du Trail à Part, c'est non sans mal que je parviens à mettre un terme aux sonneries du radio-réveil et à m'extirper de ma couche. Déjeuner avalé en mode zombie, passage express par la salle de bain, ne me reste plus qu'à revêtir ma tenue Trail du jour, heureusement préparée la veille.

8h, comme promis, je passe récupérer un copain qui lui aussi à pris l'initiative de s'aligner sur le 20K. En bons quadragénaires que nous sommes, nous nous plaignons de nos vieux os et nous restons prudents sur nos prétentions chronométriques du jour. Autrement dit, on se la joue “décontracte”, se promettant de prendre l'épreuve du jour comme une simple sortie longue. Cependant au fond de moi, je sais bien que l'esprit de compétition va vite resurgir dès que le PAN de départ va se faire entendre.

8h15, nous sommes arrivés sur le théâtre des opérations, Christophe n'a pas encore son dossard, nous allons le récupérer. En chemin j'ai déjà changé d'état d'esprit, j'avance un objectif, celui de terminer la course en 5 minutes au kilomètre, ce sans connaître la typologie du parcours, même si j'ai pu découvrir son tracé la veille sur une photo.
A la salle de la Lampisterie d'Haillicourt, nous retrouvons d'autres amis de notre groupe de course. Comme toujours, c'est un plaisir de les retrouver. Quelques palabres et salutations plus tard, il est déjà temps de se rapprocher du départ. Bonne nouvelle, la pluie annoncée, n'est toujours pas au rendez-vous, néanmoins il fait bien gris, le terrain est gras (merci les averses des jours précédents) et le vent est de la partie.

Un coup de sifflet résonne, les coureurs sont appelés pour le départ. Je me place au milieu du peloton pour laisser les plus téméraires aux avant-postes et prendre un départ prudent.
Coup de pistolet, je m'élance en prenant soin de presser le bouton de ma montre GPS afin de suivre mon allure moyenne de course.

Effectivement, devant c'est parti assez vite, je ne m'enflamme pas, je me dis que je vais avoir tout le temps d'exprimer mon potentiel sur les 20000m et autant de foulées qui m'attendent. Ça c'est ce que je me dis quand au bout de 300m à peine je m'aperçois qu'un bouchon s'est créé à l'entrée d'un bois. Super, c'est un single track, il faut marcher à la queue leu leu. Je parviens à entrer dans le bois, c'est certain il va être difficile de courir ce 1er kilomètre en 5 minutes. Ceci dit, on est dans le coeur du sujet dès le départ, je suis en pleine nature. Il n'y a de la place que pour un homme (ou femme), impossible de dépasser les runners qui me précèdent, je prends mon mal en patience. Toutefois, je m'aperçois que ce 1er km est bouclé en 5,05mn/km, pas si mal tout compte fait.

Parcours trail du pays à part à Haillicourt


Le parcours continue dans le bois, c'est agréable, malgré les changements de rythmes, relances et les zigzags entre les arbres. D'ailleurs surprise, 5'35” lors de ce second 1000m, pourtant je n'ai pas l'impression d'avoir ralenti la cadence, je suis même parvenu à dépasser plusieurs participants. La typologie du terrain joue maintenant en ma faveur, le chemin s'élargit, le dénivelé est négatif, mais je n'accélère pas pour autant. Je quitte les chemins boisés, lorsque ma Garmin bip le 3ème kilomètre. C'est à cet instant précis que je dépasse Jonathan, un copain parti devant.
Nous voilà maintenant sur le bitume pour quelques hectomètres et le tout en D-, je me laisse aller sans forcer, je ne vais pas me crever alors qu'on en est pas encore au quart de la course. 4'26” pour ce 4ème kilomètre et retour sur les chemins par endroits gorgés d'eau. Le terrain de jeu est plaisant, je n'ai pour l'instant pas trouvé de compagnon de course ayant mon rythme. J'entends des pas derrière moi, on m'éclabousse en passant, c'est Maxime, un autre runner de mon entourage qui lui accélère et me laisse sur place en m'encourageant. C'est beau d'être jeune !

Pas question d'aller au charbon, je maintiens mon allure de course en essayant de ne pas me mettre en danger. C'est à ce moment, que ma soirée de la veille se rappelle à moi. Je me sens lourd, les jambes ne sont pas dans leur meilleur jour. Fromages, charcuteries et boissons houblonnées doivent y être pour quelque chose. Advienne que pourra, je continue mon bonhomme de chemin, d'ailleurs mes temps au kilomètre sont plutôt bons, oscillants aux alentours des 4'45”. 7ème kilomètre, au détour d'une boucle, j'aperçois à 200 mètres Christophe qui tout compte fait s'est pris au jeu. Surprise également, je reconnais un coureur barbu, celui avec qui j'avais bataillé lors du Trail des Mimiles à Houdain quelques mois plutôt et sur qui j'avais triomphé. J'ai la vague impression qu'il m'a reconnu lorsque nos regards se sont croisés. Dans mon esprit une course dans la course est maintenant lancée.

8ème kilomètre retour sur le bitume, rue des Fauvettes pour 400 m et passage devant un terril. Je suis maintenant dans les traces d'un coureur à la tenue running trail atypique. Tee-shirt en coton par dessus un vêtement de compression et aux pieds des chaussures à doigts, les fameuses minimalistes répondants au nom de Five Fingers de la marque Vibram. Il est dans mon rythme, mais je l'avoue chacunes de ses foulées me tapent sur les nerfs, PLOC PLOC, PLAC PLAC, grrr. Pas moyen de supporter ça plus longtemps, je fais l'effort de le doubler.

Photo de course Trail du Pays à part Haillicourt

Nous sommes maintenant sur des sentiers dégagés en plein champs et le vent s'est intensifié. Devant un groupe, scande “allez Jérôme”. Ce dernier me dépasse, il s'agit d'un ami avec qui j'ai l'habitude de courir et qui je sais est plus expérimenté que moi. Pas question de me hisser à son allure de course. Il rejoint le groupe de coureurs devant, dont font partie des têtes familières comme Patrick et Sandrine, la féminine V1 qui remporte la plupart des courses du coin.

Nous voilà à mi course, je regarde ma montre 49 minutes, je suis parvenu à tenir mon objectif, malgré les jambes qui ne sont au mieux de leur forme. Pas d'arrêts aux ravitos, j'ai emmené le gilet porte-flasque, je m'hydrate régulièrement pendant la course.

Me voici maintenant dans la seconde partie de cette course nature qui si je me fie au tracé que j'ai pu apercevoir est plus compliquée avec davantage de dénivelé. Le vent, lui est toujours là et me pousse à redoubler d'effort. Derrière personne, devant un groupe à 200m, je fais course seul, sur un faux plat interminable avec le vent de face. Je suis sur un chemin de terre ou il faut slalomer entres les flaques de boue, ce qui rend l'exercice plus difficile, c'est ça le Trail. Le sentier toujours en faut plat montant me semble interminable, je ne cesse de regarder ma montre pour voir où j'en suis. J'essaie de maintenir une allure correcte, mais avec pour mot d'ordre de ne pas brûler mes cartouches. A 100m des signaleurs, un pont sur la droite, 2 Terrils jumeaux, me voilà maintenant dans le dernier quart du parcours. Maintenant c'est 5 kilomètres autour de nos deux fameuses pyramides noires.

Avant de mettre le pied sur les terrils, il faut traverser un champs labouré. C'est chaud, les mottes de terre collent aux chaussures. J'ai l'impression qu'elles pèsent 2kg. Je sors du champs pour me retrouver face à une grosse montées de 150 mètres sur laquelle je n'ai pas d'autres prétentions que de marcher.

PLOC PLOC, nan pas possible. Qui voilà ? Monsieur FiveFingers me toise, tout comme un autre coureur arborant un joli gilet bleu clair de l'Urban Trail de Pas de Calais. Après avoir géré cette côte, je continue à marcher quelques mètres pour reprendre mon souffle, mes 2 concurrents sont déjà repartis. Mon but est désormais de rester à quelques mètres dans leurs foulées, pas question de les lâcher.

Je contourne le premier terril, celui de gauche sur du plat, le sol est très souple, on s'enfonçait presque dedans. Petit répit une descente bienvenue me permet de revenir sur Monsieur FiveFingers pour le dépasser (ouf). Devant il y a 2 groupes, le second est composé de 3 coureurs qui me semblent à la peine, puis juste derrière celui à la veste bleue. Me voilà entre les 2 pyramides noires sur une côte que j'ai l'habitude de négocier en courant, mais qu'aujourd'hui j'aborde avec moins d'ardeur, c'est là que je parviens à grappiller 3 précieuses places. Petite anecdote, l'un des coureurs ne cesse de crier de rage, il a craqué (autant physiquement que moralement lol) à 3,5km de l'arrivée. Il me semble que je l'avais déjà vu sur les Foulées du Bruaysis ou là aussi il rageait.

Je laisse le second terril sur ma gauche et j'entre dans une portion de course qui d'habitude est fermée au public, je découvre donc un nouveau terrain de jeu fait de petits sentiers ou on alterne petites bosses et descentes. Des changements de rythmes, des zigzag avec toujours en perspective loin devant le groupe de Jérôme et Sandrine, puis à quelques dizaines de mètres mon bonhomme bleu. Je salue le travail des bénévoles qui ont remis en état cette portion du parcours.

19km, j'entends de la musique, un speaker, on dirait que la fin approche, je reprends vigueur et je me dis que je peux revenir sur mon traileur de bleu vêtu. Régulièrement nous devons passer au dessus de roches et négocier des barrières disposées sur les chemins pour ne laisser place qu'aux piétons. A chaque barrière, je suis en contact avec mon concurrent. A 300m j'aperçois une arche jaune, synonyme d'arrivée. Devant moi un coureur à 80m en débardeur et à 30m mon lièvre. Je réunis mes forces pour revenir à hauteur de mon prédécesseur, il n'accélère pas, je passe la vitesse supérieure pour prendre 2 places au classement et franchir la ligne d'arrivée, encouragé par les courageux spectateurs venus malgré cette météo venteuse et maussade.

La puce électronique retirée de la chaussure, on se félicite tous mutuellement, encore une belle course avec un bon état d'esprit. Un coureur m'interpelle et m'indique mon numéro de dossard, c'est le Monsieur en Bleu, en fait c'est une personne avec qui je discute sur les réseaux sociaux et nous avions prévu de nous rencontrer ce matin. Avec surprise, j'apprends que c'est avec lui que j'ai crapahuté dans les 5 derniers kilomètres. Heureux d'avoir fait ta connaissance Olive.

Si l'on veut parler de résultats, je termine les 20km et quelques 250m en 1heure 42 minutes et 15 secondes, soit 5 minutes 02 au kilo avec un classement plutôt sympa : 25ème sur 121 et une douzième place en Vétéran 1.



 
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